ALL RIGHTS FOR THE PHOTOES RESERVED TO PHOTOSTREAM Michael Carian, keep the credit.

Une pèlerine nous disait que son pèlerinage à St Jacques était une expérience très difficile à expliquer. Elle le comparait à l’ accouchement de sa fille. Impossible de mettre des mots, il faut le vivre pour le comprendre.

 A travers les quelques réflexions suivantes, nous souhaitons exposer notre vision du Chemin que nous avons vécu en tant que pèlerins et hospitaliers mais loin de nous l’idée de vouloir en faire un dogme.
Nous vous conseillons de ne pas prêter beaucoup d’attention et de prendre de la distance à tout ce que vous pouvez lire sur le Chemin: “qu’est-ce qu’un pèlerin?”“comment doit - on faire le chemin?”. Il en va de même avec à notre page. Venez sur le Chemin, ouvrez vos sens et laissez vous porter par votre coeur.
Vous vous en ferez votre propre idée.

                                                                Qui sommes nous?

Nous nous sommes connus grâce au Chemin ( ou à cause lorsque l’on se dispute). Après avoir parcouru le chemin plusieurs fois en Espagne par différentes voies entre 1985 et 2016 et une fois en France en 2014, et après avoir été hospitaliers bénévoles pendant 16 ans, nous avons décidé d’avoir notre propre auberge et d’accueillir les pèlerins. Grâce au Chemin, nous avons vécu des expériences magnifiques, connu des personnes très différentes, et cela a donné un sens à notre vie et nous souhaitons le faire partager.

                                                             Qu’est-ce qu’un pèlerin?

C’est très difficile d’énoncer son avis sans tomber dans le dogmatisme. Selon nous, c’est toute personne qui est en quête de quelque chose, parfois sans même savoir quoi: un renouveau, une paix intérieure, un espoir, un sens à la vie , de la force pour affrontrer des épreuves comme un chagrin d’amour ou la perte d’un être cher. Cela peut-être une expérience vitale, spirituelle, ou religieuse.

Accepter la simplicité, la patience, le manque de confort, l’épreuve physique et morale, des paysages moins jolis que d’autres, les mauvais jours mais aussi, accepter la fraternité, le respect des autres, la l’instrospection, la rencontre avec soi même (ou avec Dieu), l’humilité, l’Amour, la joie, la paix , la spiritualité, et cela dans un mouvement répétitif qui est la marche jour après jour, fait d’une personne un pèlerin. Peut-être que notre point de vue est erroné ou différent du vôtre. Si vous ne vous reconnaissez pas dans tout cela ou dans un aucun témoignage , il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Si vous en sentez l’envie, alors faîtes le. Et si çà ne vous attire pas, et bien ce n’est pas grave non plus. Il n’y a aucune obligation à venir faire le chemin.

                                                 Il n’y a que des pèlerins sur le Chemin?

Certains sont sur le chemin pour vivre uniquement une expérience de randonnée. En effet, la nature est au rdv, il existe une très bonne structure de logements à des prix très accessibles, un bon balisage. Notre rôle en tant qu’hébergeurs est de laisser à ces personnes une petite trace pour les faire avancer dans leur cheminement même insconcient. Peut-être qu’un jour un changement opérera et ces randonneurs deviendront des pèlerins. Mais nous revenons toujours à la même question: comment différencier un randonneur d’un pèlerin? Malgré plusieurs années sur le Chemin, il est difficile de répondre à cette question de manière tranchante et objective même si chacun de nous est tenté de le faire. Il faut respecter la manière dont chacun vit son Chemin.

                                                       Quel est le profil du pèlerin?

 Presque tous les pèlerins sont originaires de pays développés. Tous laissent derrière eux un niveau de confort élévé.par rapport à ce que propose les auberges. Les différentes classes sociales sont représentées. Il  y a un mélange des âges, des professions, des nationalités, des motivations. En fonction de l’époque de l’année, les proportions sont différentes. Nous retouvons plus de retraités en Mai et Septembre. Alors que l’été il y a plus de jeunes et de familles.  En France, le chemin le plus fréquenté est la voie du Puy avec environ 10000 pèlerins dont 85% sont français. Les mois les plus fréquentés sont Mai et Septembre et Juillet est le plus tranquille. En Espagne, le Chemin est plus international qu’en France et draîne beaucoup plus de monde A partir d’avril il y a déjà beaucoup de pèlerins sur le chemin. En 2016, Santiago a enregistré l’arrivée de 278000 pèlerins. De manière générale, les femmes sont plus nombreuses que les hommes.

                                                          Seul ou accompagné?

Partir sur le chemin accompagné 24h/24 est une bonne façon de se connaître, de partager des moments de joie, de bien-être, de paix mais aussi de souffrances, d’inconfort. Ce n’est pas rien. On suggère de partir avec quelqu’un que l’on connaît bien ou que l’on croit bien connaître. Nous croyons au proverbe espagnol: le chemin unit pour toujours ou sépare à jamais.

Pendant le chemin, il est courant de voir des groupes de pélerins se former et le processus est normal. Des amitiés (parfois plus) fortes apparaissent, des rencontres inoubliables..… C’est aussi cela la Magie du chemin. La fraternité, le partage avec d’autres pèlerins. Mais parfois on peut se retrouver “ prisonnier” d’un groupe et passer à côté de son chemin (différence de rythme, d’envie, de budget, renfermement du groupe sur soi…). Ne vous enfermez pas dans un groupe dans lequel vous n’êtes pas à l’aise. Faîtes votre chemin et pas celui des autres. N’ayez pas peur de marcher seul. C’est une bonne manière de se retrouver soi-même. Partir en chemin peut se comparer à une retraite spirituelle mais en mouvement. On peut aussi le comparer à une psychoanalyse qui est un très acte personnel. Ne parle-t-on pas en psychologie de cheminement intérieur?

                                             Est-ce que tous les pèlerins vont dans les gîtes?

La plupart oui. Aller dans les gîtes permet de trouver une structure adaptée au pèlerin (nettoyage des vêtements, horaires, repas, informations sur les étapes…). On y retrouve aussi l’idée de communeauté pèlerine, de convivialité en partageant une chambre ou un repas tous autour de la même table. Enfin l’oreille attentive des hospitaliers qui ne sont pas des hôteliers est souvent présente. Cette ambiance différentes des hôtels et des chambres d’hôtes attirent. Beaucoup d’auberges sont des lieux de repos économiques, au bon rapport qualité prix, parfois avec accès à la cuisine pour ne pas sanctionner les personnes dont le budget est serré. Mais il ne faut pas attendre d’un gîte les mêmes installations, les mêmes services ni les mêmes conditions qu’un hôtel. Si votre chemin pour des raisons de confort, d’horaires plus amples… ne passe pas par les gîtes mais par les hôtels, vous avez vos raisons! Mais essayez au moins une fois, peut-être que cela vous plaira

                                                   Le touriste exige, le pèlerin remercie

C’est une phrase intéressante et une attitude vers laquelle tendre en tant que pèlerin. Evidemment, en payant, le pèlerin est en droit d’exiger un service en rapport avec le prix. Cependant,il ne  peut pas exiger des prestations d’hôtelerie aux prix de gîte. Pour nous le retour à la simplicité et vivre avec peu de choses est importante sur le chemin et en même une des bases. C’est un apprentissage. On met plus ou moins de temps à y parvenir. Le chemin est fait pour cela.

                                                           Où faire le Chemin?

En France, la meilleure structure (logements, balisage, point d’eau) est sur la voie du Puy. La présense de la Nature est prépondérante. On y trouve facilement des églises ouvertes et l’accès y est gratuit contrairement à l’Espagne

En marchant en moyenne 25 km/jour, c’est possible de le faire en un mois, (Le Puy/Roncevaux). Les voies de Vézelay, Tours et Arles sont moins fréquentées avec 1000 pèlerins/an. C’est plus difficile d’y trouver un logement et ils sont plus solitaires. On y retrouve souvent les pèlerins les plus aguérris. En Espagne, le Chemin Français (Roncevaux, Pamplenune, Burgos, Léon….) possède lui aussi la meilleure structure. C’est possible de le faire en hiver. Des auberges sont ouvertes toute l’année. Contrairement à l’idée reçue, ce n’est pas une obligation  de se lever  très tôt pour obtenir une place. Dans 90% des cas c’est possible de faire une réservation (c’est vrai que certaines auberges municipales et paroissiales n’acceptent pas les réservations). Certains gîtes offrent le même niveau de confort qu’en France et parfois à meilleur prix. Les sentiers sont très très bien balisés et là aussi contrairement à la légende, on ne fait pas que marcher le long des routes. Il est plus cosmopoliteset moins difficile que le Chemin du Puy. Au plus fort de la saison, environ 400/500 pèlerins partent de St Jean chaque jour.

Il existe d’autres voies intéressantes comme le Chemin du Nord ( celui qui suit la côte Nord), le chemin Primitif, très beau mais physique (depuis Oviedo à Santiago) ou la Via de la Plata (depuis Séville au Sud). Il sont eux aussi  même si en moindre mesure, pourvus d’une bonne structure de logements (pas en hiver) et de balisage. Ils sont moins fréquentés et un peu plus difficiles physiquement.

En Espagne, à l’instar de la France, pas beaucoup de personnes parlent bien une seconde langue. Mais une vingtaine de mots en espagnol , un peu d’anglais et quelques gestes seront suffisants pour se faire comprendre.

Le budget moyen est de 25/40 euros en Espagne et en France 35/50  euros. La palette de prix en Espagne est plus large. Il est facile de trouver des logements simples à 5 euros: beaucoup de pèlerins, lits superposés (mais c’est aussi cela le Chemin) et d’autres avec un niveau de confort plus élevé.

            Commencez à marcher comme un vieillard et terminer en marchant comme un enfant.

Mieux vaut commencer à marcher peu à peu, en faisant de petites étapes pour que le corps s’adapte. Faîte preuves d’humilité. Aidez votre corps à marcher tous les jours, découvrez votre rythme, écoutez vos blessures. N’apportez que l’essentiel dans votre sac-à-dos. ( n’éliminez pas trop de choses non plus. Par exemple en Espagne, des auberges ne donne pas de couvertures). S’il faut écouter son corps révélateur de ce qui se passe dans notre esprit, n’écoutez pas toutes vos peurs. Marcher sous la chaleur, la pluie, le froid, dans la neige, font partie du Chemin. C’est ce qui fait la différence entre la rando et le Chemin. La joie s’emparera de vous après une bonne douche en vous rendant compte, que oui vous êtes capable et vous en serez fier. Et  surtout prenez votre temps. Profitez du temps que vous passez sur le Chemin. N’oubliez pas que l’arrivée à Santiago n’est qu’une étape . Le plus important est d’être sur la Route. Plus le pèlerinage est long, plus le changement sera profond.

                                                             Prêt à partir?

N’hésitez pas à nous contacter pour de plus amples informations sur les différents chemins, les étapes, les soins, l’équipement, l’après-chemin même si tout est donné à titre indicatif. Nous ne prétendons pas être des experts.

 

En conclusion, nous dirions que pour nous derrière le mot pèlerinage se cache la présence de Dieu qui nous aide à cheminer, non seulement physiquement mais aussi intérieurement. Faire le chemin est pour nous synonime de simplicité, de respect, d’ouverture vers les autres et d’acceptation face à ce qu’il se présente même si parfois cela passe par des moments de découragement . Mais cette vision est très personnelle et discutable, tout autant que celle d’un pèlerin qui attribuait très sérieusement la magie du chemin à l’adéquation de Jupiter, Saturne avec la Terre....

Buen Camino!!!!!